Spécial guerre – Les câbles sous-marins, prochaine ligne de front de la guerre Iran–États-Unis ?

On a beau affirmer que les câbles ne sont pas une cible prioritaire du conflit, l’escalade militaire au Moyen-Orient fait émerger une inquiétude croissante dans l’industrie des télécommunications et du numérique : la vulnérabilité des câbles sous-marins.

Si les infrastructures de câbles sous-marins sont intactes, pour l’instant (!), leur exposition dans une zone géopolitique critique est réelle et alimente les scénarios de perturbation du réseau mondial. D’autant que des alliés de l’Iran (des rebelles houthies solidaires de Téhéran) ont démontré par le passé leur capacité à rompre des câbles malgré leurs moyens limités. Quant à réparer un câble coupé, c’est une opération qui nécessite un équipement (bateau) adapté, et protégé afin de pouvoir intervenir dans une zone à risque.

Les câbles sous-marins sont une infrastructure invisible mais vitale, qui transporte l’essentiel du trafic internet mondial, soit près de 97 % du trafic internet intercontinental. Ils constituent la véritable colonne vertébrale de l’économie numérique mondiale. Leurs infrastructures, longues de milliers de kilomètres, relient les continents en passant par des points maritimes stratégiques, comme le détroit d’Ormuz, au cœur de l’actuelle crise…

Dans le conflit actuel, deux passages sont désormais interdits à la navigation commerciale : la mer Rouge, que dix-sept câbles sous-marins traversent, acheminant la majeure partie du trafic internet entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique ; et le détroit d’Ormuz, où des câbles sous-marins relient l’Iran, l’Irak, le Koweït, Bahreïn et le Qatart.

Les câbles sous-marins, nouvelle ligne de front du numérique

Dans le Golfe persique et les eaux environnantes transitent plusieurs systèmes critiques reliant l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. SEA-ME-WE-5 est l’un des grands axes reliant l’Asie du Sud-Est à l’Europe, EPEG (Europe-Persia Express Gateway) relie l’Europe à l’Inde, OMRAN relie Oman à l’Iran.

Le conflit actuel, déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran suivies de représailles iraniennes, a déjà provoqué de fortes tensions autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime clé pour le commerce mondial et les infrastructures énergétiques. Dans ce contexte, les câbles sous-marins deviennent un enjeu stratégique potentiel pour plusieurs raisons :

  • Proximité des zones de combat – Plusieurs routes de câbles passent précisément sous des zones navales ou des corridors maritimes où circulent des forces militaires.
  • Fragilité physique – Les câbles reposent directement sur les fonds marins et peuvent être endommagés par des explosions, des ancres ou des opérations navales.
  • Impact global immédiat – Une coupure majeure peut perturber les communications, les transactions financières et les services cloud à l’échelle internationale.

Une guerre qui menace les routes numériques

L’Iran a déjà pris pour cibles des datacenters (lire « Des datacenter d’AWS au Moyen-Orient cibles d’attaques de drones« ). Mais la guerre pourrait étendre la menace aux routes numériques. Toute perturbation dans les corridors des câbles sous-marins peut ralentir ou dégrader la connectivité entre plusieurs continents.

Le conflit actuel, déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran suivies de représailles iraniennes, a déjà provoqué de fortes tensions autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime clé pour le commerce mondial et les infrastructures énergétiques. Les infrastructures numériques sont ainsi devenues un élément critique de la sécurité et de l’économique.

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