En Italie, le site de l’ex-centrale de Trino pourrait accueillir ce qui est présenté comme le plus grand datacenter d’Europe. Le projet, estimé à 4 milliards d’euros, s’inscrit dans une reconversion industrielle spectaculaire, sur fond d’essor accéléré des infrastructures numériques dans le nord du pays.
Le dossier, révélé par DCD, décrit un plan de transformation du site fermé en 2013 en hub numérique majeur, avec une logique de calcul, d’IA et de services IT avancés. La société italienne Techbau serait derrière l’opération et devrait reprendre le site, tandis qu’Enel Green Power conserverait le parc photovoltaïque voisin.
Le terrain n’est pas vierge : Enel y exploite déjà une centrale solaire d’environ 130 hectares, associée à un système de batteries lithium-ion de 25 MW et 100 MWh. Cette continuité énergétique explique en partie l’attractivité du lieu, d’autant que Trino se trouve au cœur d’un axe très connecté du nord de l’Italie.
La dimension réseau est renforcée par le projet de ligne électrique Trino–Lacchiarella, longue de 31 km et dimensionnée à 380 kV, qui relie le site à la zone milanaise. Même si cette infrastructure relève du transport d’électricité et non du datacenter lui-même, elle illustre la densité énergétique et logistique du couloir Trino-Milan.
Le projet de Trino est significatif sur le plan politique et industriel : il recycle un ancien site thermique, promet de l’emploi local et capitalise sur la montée en puissance de la Lombardie et du Piémont comme pôles d’hébergement numérique. C’est aussi un signal clair de la façon dont l’Italie entend transformer ses friches énergétiques en actifs pour l’IA et le cloud.

