Selon Jensen Huang, CEO de Nvidia, des centaines de milliers d’électriciens, plombiers et charpentiers américains trouveront des emplois dans les data centers, sans diplôme, et toucheront plus de 100 000 $ par an grâce au boom des data centers IA. « Le secteur des métiers spécialisés dans chaque économie va connaître un essor considérable. Il va falloir doubler, doubler et encore doubler chaque année. »
Alors que les médias se focalisent sur la disparition des « cols blancs » à cause de l’IA – en particulier la génération Z dont les chances de trouver un emploi seraient minces, car l’IA menace les postes de débutants –, le secteur subit la pénurie de « cols bleus », travailleurs manuels, au service de la construction et de l’opération des infrastructures d’IA et de data centers.
Depuis que la vague de l’IA emporte tout, de plus en plus de voix s’élèvent pour alerter sur la pénurie de techniciens dans les data centers. Nous nous en faisons régulièrement l’écho sur DCmag. Aux États-Unis, c’est Jensen Huang, le CEO milliardaire de Nvidia, qui bouscule le débat : contrairement aux craintes que l’IA détruirait les emplois « non qualifiés », elle crée des milliers de postes pour les électriciens, plombiers et charpentiers, sans besoin de diplôme universitaire. Or, le secteur manque de main-d’œuvre…
Aux États-Unis, le phénomène est accentué par l’évaporation de la main-d’œuvre des immigrants, repoussés par l’administration Trump, ce qui se révèle être un facteur aggravant la pénurie.
La pénurie se répercute sur les salaires, qui ont presque doublé sur le secteur. Un spécialiste HVAC dans l’industrie a vu son salaire progresser de 10 % à 15 % sur les 4 dernières années, le même dans le data center a progressé de 25 % à 30 %. Les électriciens dans le data center gagnent en moyenne 30 % de plus que leurs homologues dans l’industrie.
Quant à la rémunération moyenne des métiers de la construction du data center, elle va dépasser 100 000 dollars annuels. Jensen Huang bouscule le monde du data center avec cette affirmation. Qui devra cependant affronter des difficultés majeures qui créent un décalage temporel critique entre la demande explosive et la main-d’œuvre : désintérêt des jeunes, pénurie des formations, apprentissage lent.
Pour le patron de Nvidia, les opportunités futures des métiers du data center résident davantage dans les aspects matériels de la technologie que dans les logiciels, dans les sciences physiques plutôt que dans les sciences informatiques. Une voie qu’il choisirait aujourd’hui s’il avait 20 ans de moins…
