Avec Astor, quatre anciens cadres de Global Switch veulent transformer leur expérience des grands data centers en une nouvelle plateforme européenne dédiée aux infrastructures « power-ready » et au calcul distribué. Soutenue par Margaux Platforms, la jeune société vise un marché où le foncier, l’électricité et les délais de raccordement deviennent aussi stratégiques que les serveurs eux-mêmes.
Le lancement d’Astor intervient à un moment charnière pour l’industrie européenne des data centers. La croissance de l’intelligence artificielle, du cloud et des besoins en calcul haute performance fait émerger une contrainte qui n’est plus seulement technologique : où construire, avec quelle puissance électrique, et à quelle vitesse ? C’est précisément sur cette équation qu’Astor entend se positionner.
La société londonienne est dirigée par Elliot Dittes, nommé CEO, entouré de trois anciens cadres de Global Switch : Rob Hogan, Chief Commercial Officer, Ben Ryder, Chief Technology Officer, et Ben Worth, General Counsel. Le conseil est présidé par Daniel Wong, ancien co-responsable mondial de Macquarie Capital et ancien responsable Europe de Stonepeak. Astor est soutenue par Margaux Platforms, société d’investissement spécialisée dans les marchés privés.
La proposition d’Astor repose sur le constat que sur de nombreux marchés européens, le principal obstacle à l’ajout de capacité informatique n’est plus nécessairement le financement ou la demande, mais l’accès à des sites disposant simultanément du foncier, des autorisations et de la puissance électrique nécessaire. Astor veut donc développer des terrains déjà avancés sur le plan réglementaire et électrique, puis y déployer des infrastructures de data centers multi-tenant conçues pour être rapidement adaptées aux différents types de workloads.
La société parle de sites « shovel-ready » et d’infrastructures capables de répondre à l’ensemble des besoins du calcul moderne. Son positionnement cible notamment des installations métropolitaines de moins de 100 MW, plus proches des utilisateurs finaux que les gigantesques campus hyperscale.
Les quatre dirigeants viennent de Global Switch, l’un des acteurs historiques de l’infrastructure de data centers en Europe. Leur expérience collective est présentée par Astor comme représentant 1,1 GW de capacité de data centers livrée pour des fournisseurs de calcul internationaux. Cette expérience constitue potentiellement l’un des principaux actifs de la nouvelle société.
La stratégie d’Astor semble différente de celle d’un opérateur traditionnel : la société cherche à industrialiser le développement de sites plus petits, plus proches des centres de consommation et plus flexibles. Et le projet affiche déjà une ambition européenne : Berlin, Madrid, Marseille et Milan seraient dans le viseur, avec un pipeline de six sites pour un besoin d’investissement total qui pourrait atteindre environ 5 milliards d’euros si l’ensemble du programme se concrétise. Margaux Platforms aurait engagé au départ au moins 100 millions d’euros de fonds propres et envisagerait de dépasser 2 milliards d’euros d’equity à moyen terme.
Avec Astor, les anciens de Global Switch font le pari que la prochaine infrastructure critique de l’Europe numérique ne sera pas nécessairement le plus grand data center, mais celui qui parviendra à mettre la bonne puissance, au bon endroit, au bon moment. Et avec six projets annoncés entre Berlin, Madrid, Marseille et Milan, la société veut transformer cette conviction en plateforme européenne.

