L’incendie volontaire d’une station terrestre Starlink à Wola Krobowska, à une quarantaine de kilomètres au sud de Varsovie, le 23 septembre 2026, est traité par la Pologne comme un sabotage commis pour le compte d’un service de renseignement étranger, avec une piste privilégiée vers Moscou et le gang criminel turc des « Dalton ».
Les deux auteurs présumés, des ressortissants turcs de 38 et 34 ans, auraient franchi la clôture du site, répandu un liquide inflammable puis incendié les équipements de commande et d’alimentation, poste de transformation et groupe électrogène, avant de quitter les lieux en moins de trois minutes. Les pompiers ont mis plus de six heures à maîtriser le feu.
La station, exploitée dans le cadre d’un dispositif impliquant l’opérateur public Exatel, constitue un maillon d’interconnexion entre le réseau Starlink et les infrastructures terrestres servant notamment les communications ukrainiennes.
Les enquêteurs polonais ont ouvert une information pour sabotage et infraction terroriste au profit d’un renseignement étranger, tandis que deux suspects ont été arrêtés le 12 octobre à Nürtingen, en Allemagne, puis placés en détention dans l’attente d’une éventuelle remise à Varsovie.
Selon Der Spiegel, la trace mènerait aux « Dalton », un réseau criminel turc actif en Turquie et en Allemagne, qui aurait pu être missionné par des services russes. Cette hypothèse reste toutefois une piste d’enquête et non une accusation juridiquement établie.
Le coordinateur polonais des services spéciaux affirme n’avoir « aucun doute » sur l’implication russe, dans un contexte où un second incendie a détruit 11 des 17 antennes Starlink d’un site près de Sofia le 9 octobre, également enquêté comme un sabotage.
L’affaire illustre la vulnérabilité opérationnelle des stations terrestres satellitaires, devenues des cibles critiques de la guerre hybride. Leur destruction peut perturber des flux de données civils et militaires… sans nécessiter une cyberattaque sophistiquée !
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