Le groupe français Tellos prépare à Fruges, dans le Pas-de-Calais, un data center dédié à l’IA d’une puissance de 900 MW, avec un investissement estimé entre 2 et 4 milliards d’euros. Un projet encore à l’état d’annonce…
Le groupe Tellos, basé à Herrlisheim dans le Bas-Rhin et actif dans les réseaux d’énergie, de chaleur, de froid et les infrastructures techniques, envisage un campus conçu pour l’IA. La mise en service est évoquée autour de 2030, après une construction de deux ans, vraisemblablement entre 2028 et 2030.
Les chiffres communiqués restent toutefois des fourchettes : 2 à 4 milliards d’euros d’investissement. La fourchette de coût est large, signe que le périmètre technique, la densité informatique et le niveau d’intégration énergétique ne sont pas encore figés. Tellos annonce également 250 à 500 emplois en exploitation et jusqu’à 1 000 personnes mobilisées pendant le chantier.
Le choix de Fruges repose d’abord sur l’électricité. Le site est présenté comme proche de lignes à très haute tension reliées à la centrale nucléaire de Gravelines, avec une perspective de raccordement au réseau 400 kV, ainsi qu’à proximité d’importants parcs éoliens.
Le permis de construire ne devait pas être déposé avant plusieurs mois, selon les dernières informations disponibles. Le projet doit donc être lu comme une intention industrielle avancée, non comme un engagement d’exécution, porté par une société, Tellos, qui possède une expertise dans les réseaux de chaleur et de froid, un atout potentiel pour concevoir une récupération de chaleur fatale vers des usages industriels, agricoles ou urbains.
Le projet Tellos vient confirmer un basculement du marché français du data center : la valeur se déplace de l’immobilier informatique vers l’infrastructure électrique. Les projets se dimensionnent désormais en centaines de mégawatts, se rapprochent des sources de production et des axes très haute tension, et dépendent d’une coordination inédite entre promoteurs, RTE, collectivités, industriels et financeurs.
Un territoire rural proposant une puissance, une production renouvelable et une proximité nucléaire, face à un projet IA dont la rentabilité dépendra d’une exécution millimétrée, Fruges pourrait devenir un cas d’école.
Image d’en-tête : Par Ivan Pacheka – Wiki Pas-de-Calais, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30214456

