Finlande : l’affaire Google devient une enquête pénale

En Finlande, la coupe de 150 000 arbres sur deux sites destinés à des campus de Google devient une enquête pénale sur les travaux préparatoires du data center.

La police finlandaise a ouvert une enquête pénale contre Tuike Finland, filiale de Google, pour des soupçons de dégradation environnementale liés au défrichage et au drainage du site d’un futur data center à Muhos, avant l’achèvement des études d’impact environnemental exigées par la loi. L’affaire intervient à peine un mois après l’annonce par Alphabet d’un investissement d’au moins 13 milliards d’euros dans l’infrastructure d’IA en Finlande, présenté comme le plus important de Google en Europe.

Le parquet opérationnel de la police d’Oulu examine notamment une possible violation de la loi sur l’eau, après la mise en évidence d’« ambiguïtés et lacunes » dans la gestion des eaux et du drainage du chantier ; une condamnation pourrait se traduire par une amende d’entreprise. Les enquêteurs ont reçu cinq signalements, dont un de l’Agence finlandaise des licences et de supervision (LVV), et prévoient un point d’étape en décembre 2026, avec une instruction susceptible de se prolonger jusqu’en 2027.

Les faits visés portent sur environ 330 hectares de forêt défrichés à Muhos et près de 200 hectares sur le second site de Kajaani-Otanmäki, où la LVV a ordonné le 6 octobre la suspension des travaux modifiant l’environnement – abattage, décapage des sols, voies d’accès, zones de stockage et interventions sur les fossés – tant que les évaluations d’impact ne sont pas finalisées. Google affirme coopérer avec les autorités et maintenir la conformité de ses sites, tandis que le régulateur doit encore décider des conditions d’une éventuelle reprise.

Au-delà du dossier pénal, l’épisode expose la fragilité sociale et réglementaire de l’accélération des data centers d’IA dans les pays nordiques : la Finlande mise sur son climat froid, son électricité bas-carbone et un accueil politique favorable, mais l’éneergéticien Fingrid anticipe une hausse de la consommation électrique pouvant atteindre 40 % si l’ensemble des raccordements convenus aboutit. Le contentieux de Muhos pourrait donc contraindre Google à renforcer la séquence environnementale de ses déploiements européens, alors même que le pays cherche à capter les capitaux de l’IA.

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