Carrier investit dans les datacenters avec l’inauguration du laboratoire de Montluel

Carrier a inauguré à Montluel un laboratoire de recherche et développement dédié aux datacenters, symbolisant une nouvelle étape dans la montée en puissance du groupe sur un marché en forte croissance. L’événement a également permis de rappeler les grands équilibres de la stratégie de l’entreprise : innovation, souveraineté industrielle, efficacité énergétique et ancrage territorial.

Quelques repères clés ressortent de cette rencontre : 16 millions d’euros d’investissement, plus de 1 500 salariés dans l’Ain, environ 4 000 en France, 150 pays d’implantation, et un laboratoire pensé pour tester des équipements capables d’accompagner la montée en charge des dataenters, y compris les futures fermes dédiées à l’intelligence artificielle.

Gilles Donnat, directeur général Carrier France : Montluel comme centre mondial d’expertise

Dans son intervention, Gilles Donnat a présenté Carrier comme un acteur industriel de premier plan, à la fois fabricant, intégrateur et mainteneur de solutions de climatisation et d’énergie. Il a surtout insisté sur la place stratégique de Montluel, devenu selon lui un centre mondial d’expertise pour les technologies dédiées aux datacenters.

Le directeur général de Carrier France a mis en avant une conviction forte : le laboratoire n’est pas un simple outil de R&D, mais un levier de souveraineté technologique et industrielle. Il a expliqué que les solutions développées sur le site sont destinées à équiper des datacenters en Europe, mais aussi aux États-Unis, en Asie et au Moyen-Orient. L’objectif, a-t-il résumé, est de garder en France la maîtrise des technologies critiques qui soutiendront l’essor de l’intelligence artificielle et du cloud.

Son discours a aussi été marqué par un plaidoyer pour une industrie performante mais sobre. Gilles Donnat a rappelé que les datacenters sont des infrastructures extrêmement énergivores et que la mission de Carrier est de concevoir des systèmes capables de réduire leur impact environnemental. « On n’est pas là pour faire des machines qui vont cramer toute l’électricité de la centrale électrique du Bugey. On veut faire les machines les plus efficaces du monde », a-t-il lancé, résumant ainsi la ligne de conduite du groupe.

Il a également souligné la dimension très concrète de l’investissement : le laboratoire permet désormais de tester les machines dans des conditions extrêmes, de vérifier les performances et de sécuriser les livraisons pour des clients qui attendent des équipements fiables, puissants et adaptés à des besoins de plus en plus complexes. Derrière le discours industriel, il y a donc aussi une logique commerciale claire : accompagner un marché mondial en forte accélération.

Didier Genois, vice-président Europe chez Carrier : la croissance du marché des datacenters

Didier Genois a replacé l’investissement de Montluel dans une lecture plus large des évolutions du marché. Son intervention a d’abord consisté à rappeler la puissance du groupe Carrier : un acteur présent dans 150 pays, fort de 40 marques, d’un chiffre d’affaires de plus de 21 milliards de dollars et d’un portefeuille de solutions qui couvre l’ensemble du cycle de vie des équipements.

Le vice-président Europe a insisté sur deux grandes tendances qui transforment l’industrie : la décarbonation et l’électrification. Selon lui, le site de Montluel est idéalement positionné pour répondre à ces mutations, notamment grâce à sa spécialisation dans les pompes à chaleur et les solutions de refroidissement pour les datacenters. Il a d’ailleurs rappelé que le site fabrique déjà plus de pompes à chaleur que de groupes froids, preuve que les usages industriels évoluent rapidement.

Sur les datacenters, Didier Genot a tenu un discours très offensif. Il a rappelé que la demande explose sous l’effet de l’intelligence artificielle, de la multiplication des usages numériques et de l’essor du cloud. Pour répondre à cette dynamique, Carrier a déjà engagé plus de 12 millions d’euros sur ce segment et a décidé de passer à une nouvelle phase d’investissement avec un laboratoire entièrement dédié.

Son propos a aussi comporté un message de vigilance à l’attention des pouvoirs publics. Il a estimé que certaines règles européennes risquaient de fragiliser la compétitivité industrielle française, alors même que Carrier exporte une large partie de sa production hors de France, notamment vers le Moyen-Orient. En filigrane, il a défendu une idée simple : il faut réussir la transition énergétique sans pénaliser la capacité de production et d’exportation des industriels installés en France.

Les élus : un soutien unanime à l’industrie

Les interventions des élus ont toutes convergé vers un même constat : Carrier est un acteur structurant pour le territoire et son investissement à Montluel est perçu comme un signal positif pour l’emploi, l’innovation et la réindustrialisation.

Philippe BELAIR, président de la communauté de communes de la Côtiere à Montluel, Maire de Montluel, a ouvert ce temps politique en saluant une entreprise qui « croit en notre territoire », y investit et y crée des emplois. Il a rappelé que la communauté de communes de la Côtière accompagne les entreprises dans leur développement économique, tout en insistant sur la nécessité d’un cadre réglementaire plus favorable à l’industrie. Son message était clair : si l’on veut conserver une base productive en France, il faut donner aux industriels les moyens de rester compétitifs.

Elisabeth Laroche, conseillère départementale de l’Ain, a, pour sa part, insisté sur la cohérence entre transition écologique et dynamisme économique. Elle a salué une entreprise qui illustre la capacité du territoire de l’Ain à attirer et faire grandir des projets industriels ambitieux. Pour elle, Carrier démontre que l’industrie peut être à la fois innovante, décarbonée et créatrice de valeur.

Romain Daubié, Député de l’Ain, a tenu un discours plus politique sur le rôle de l’industrie dans la richesse nationale. Il a défendu l’idée que l’industrie crée davantage de valeur ajoutée, de meilleurs salaires et des emplois durables. Il a aussi rappelé l’importance de l’investissement productif, de la compétitivité et du crédit d’impôt recherche pour maintenir une base industrielle solide en France.

Enfin, Virginie Guérin-Robinet, secrétaire générale de la préfecture de l’Ain et sous-préfet de l’arrondissement de Bourg-en-Bresse, a replacé l’événement dans le cadre plus large de l’action de l’État. Elle a rappelé le poids industriel de l’Ain, quatrième département industriel de France, et a insisté sur le fait que la réindustrialisation passe par l’innovation, l’accompagnement public et les dispositifs comme France 2030. Son intervention a confirmé que l’État entend rester aux côtés des entreprises confrontées aux tensions géopolitiques, aux hausses de coûts et aux contraintes réglementaires.

Conclusion

Avec ce laboratoire de Montluel, Carrier ne se contente pas d’agrandir un site industriel : le groupe affirme une ambition stratégique sur un marché appelé à devenir central dans les années à venir. Le refroidissement des datacenters, la maîtrise des technologies associées et l’exigence de sobriété énergétique deviennent des enjeux industriels de premier ordre.L’inauguration a aussi montré une convergence rare entre industriels, élus locaux, départementaux et représentants de l’État : tous voient dans ce projet un outil d’avenir, au service de la souveraineté technologique, de l’emploi et de la compétitivité française.

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