Les incidents observés à l’échelle mondiale sur cette fin d’année montrent que la continuité numérique dépend d’abord d’infrastructures physiques fragiles (fibres, câbles sous-marins), d’un socle énergétique instable (blackouts), et de quelques couches techniques critiques (DNS, routage) auxquelles s’ajoute un risque systémique lié à la concentration sur les grandes plateformes cloud.
Communiqué – Cloudflare dévoile la nouvelle édition de son « Disruption Report », portant sur le quatrième trimestre 2025. Sur l’année, plus de 180 incidents ont été observées, mais ce 4ème trimestre se distingue par le fait qu’une seule coupure ait été ordonnée par un gouvernement. Ce sont les causes techniques et physiques qui dominent : câbles, énergie, météo, incidents de plateformes.
Les grands enseignements à retenir
- Le talon d’Achille reste matériel
Plusieurs pays ont subi des chutes massives de trafic à cause de ruptures d’infrastructures : double incident en Haïti, avarie d’un câble sous-marin impactant le Pakistan, incident WACS en Afrique centrale, ou encore pannes fibre en République dominicaine. La redondance existe, mais elle ne compense pas toujours la brutalité d’une coupure, ni la complexité des bascules.
- Internet dépend plus que jamais de l’électricité
En République dominicaine et au Kenya, des incidents sur le réseau électrique ont entraîné des baisses de trafic significatives. Même lorsque l’électricité revient vite, l’impact réseau peut durer plus longtemps (effets de cascade sur équipements, redémarrages, saturation, dépendances locales).
- Les risques invisibles (DNS, incidents cloud) provoquent des symptômes comparables à une panne Internet
Des incidents DNS (Italie, Israël) ont entraîné des ruptures d’accès comme si Internet était coupé. En parallèle, des perturbations sur des régions cloud majeures (AWS us-east-1, Azure Front Door) et deux incidents côté Cloudflare ont affecté la disponibilité de sites et d’applications à grande échelle, indépendamment de l’état des réseaux nationaux.
- Crises et climat : conflits et événements extrêmes pèsent directement sur la connectivité
Le trimestre illustre l’effet des frappes (Odesa, Ukraine) sur l’énergie et le réseau, et l’impact des tempêtes (ouragan en Jamaïque, cyclone et inondations en Asie du Sud) où la récupération du trafic peut prendre des jours, voire davantage, surtout quand les infrastructures physiques sont endommagées.
- Le signal politique demeure, mais moins fréquent qu’on ne le pense
Un seul shutdown gouvernemental a été documenté, en Tanzanie, autour d’élections et de violences, avec un trafic proche de zéro par séquences sur plusieurs jours.
L’intégralité du rapport est disponible sur ce lien : https://blog.cloudflare.com/q4-2025-internet-disruption-summary/

