Formation aux datacenters : Question à Anne Le Henanff, Ministre de l’IA et du Numérique

Anne Le Henanff, Ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a répondu à notre interpellation sur les actions de l’Etat accordées à la formation dans le cadre des investissements pour l’IA ?

Rappelons tout d’abord que même dans les 109 milliards d’euros investis dans l’IA en France annoncés par le Président de la République, il n’existe aucune ventilation officielle indiquant une enveloppe précise pour la formation, les universités et l’enseignement supérieur. La formation est un objectif politique… mais pas un poste d’investissement majeur !

Pourtant, lors du Sommet pour l’IA, il a été fixé l’objectif de former 100 000 personnes/ par an aux métiers de l’IA, avec la mise en avant du rôle des universités et clusters IA, et le renforcement des filières (masters, doctorats, ingénieurs). Mais sans investissement identifié.

Nous avons retrouvé quelques rares mentions de financement de la formation, marginales, avec des indices indirects aux investissements privés (notamment du Golfe) vers la formation, les compétences et les écosystèmes. Et côté public, donc hors des 109 milliards, environ 2,5 milliards d’euros qui seraient consacrés à la formation et à la recherche, via France 2030, ainsi que quelques centaines de millions pour les clusters IA académiques.

Lors de la remise des diplômes à la session de formation des Plombiers du Numériques chez Telehouse, en mars dernier, en présence de Anne Le Henanff, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, DCmag a posé à la ministre la question du soutien à apporter à la filière du datacenter pour former ses futurs techniciens.

Voici la réponse apportée par Madame le Ministre Anne Le Henanff :

« Les 109 milliards annoncés par le président de la République l’année dernière dans le cadre du Sommet de Paris, c’était vraiment de création d’une filière industrielle, la filière data center, pour répondre aux besoins de l’IA que nous voulons. À ce stade, il n’y a pas de fléchage vers la formation.

Mais vous avez raison, évidemment, il faut qu’on s’intéresse au sujet dès le plus jeune âge. Mais là, c’est pour la génération prochaine. Pour la génération existante, il faut faire des reconversions professionnelles, il faut accompagner l’apprentissage. Je l’ai dit, il faut également inciter les jeunes quand ils arrivent au lycée et qu’ils font leurs choix d’orientation. C’est en ce moment, je passe un message à la jeunesse sur Parcoursup : ayez confiance en vous, choisissez des formations technologiques.

Mais c’est vrai qu’il faut, qu’il faudra qu’on accompagne ces besoins en talent. Et ce d’autant plus que des sociétés étrangères implantées sur notre sol, parce qu’elles ont des centres de recherche, aussi captent nos talents à l’université et dans les dans les centres de formation. Donc, il faut non seulement développer, mais fidéliser ceux qu’on a et les flécher vers la filière française. Et votre relation avec la filière doit permettre logiquement de développer ce type de formation.

Oui, vous voyez, je passe des messages en disant nous avons, nous, notre part de responsabilité, l’Etat, mais tout ne peut pas reposer sur nous. Les élus locaux et les industriels doivent investir s’ils le peuvent et faire des choix. Et un des choix, ça peut être la formation professionnelle pour leurs propres besoins. Et moi, je les incite à le faire. « 

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