Une étude de chercheurs de l’université de Cambridge démontre que la chaleur émise par les datacenters augmente la température terrestre en moyenne de 2° jusqu’à 10 km à la ronde. Ce phénomène marqué, appelé « îlots de chaleur urbains », concerne les datacenters hyperscale et d’IA.
- Nous publions l’étude en fin d’article
Grâce aux mesures de température de surface terrestre acquises par télédétection (satellites) au cours des 20 dernières années, et portant sur une base de 11 000 localisations dans le monde, des chercheurs de l’Université de Cornell (État de New York) ont pu évaluer avec précision l’augmentation de température du sol enregistrée dans les zones entourant les datacenters hyperscale et d’IA à l’échelle mondiale.
L’équipe de 10 chercheurs provenant de 5 pays, réunis autour du Dc Andrea Marinoni, estime que la température de surface terrestre (sol) augmente localement en moyenne de 2°C après la mise en service d’un datacenter. Dans les cas extrêmes, elle s’élèverait jusqu’à 9°C à proximité immédiate du datacenter, puis s’atténuerait avec l’éloignement jusqu’à 10 km.
Ces élévations seraient suffisamment marquées pour induire des microclimats locaux, appelés « îlot de chaleur urbain ». Leur impact sur les populations est estimé à plus de 340 millions de personnes qui pourraient être affectées par la hausse de température.
L’étude a été soumise à publication le 21 mars 2026, mais elle reste à confirmer par les pairs des chercheurs, qui vont devoir vérifier les résultats. Beaucoup d’entre eux se montrent prudents, mais nul doute qu’ils vont s’y intéresser.
L’autre question que soulève l’étude, si elle est confirmée, porte sur l’origine du phénomène. Les données satellitaires donnent l’impression que la chaleur proviendrait du sol. En réalité, l’échauffement pourrait être dû à la puissance du rayonnement solaire qui frappe les bâtiments. Mais ce n’est qu’une hypothèse, et l’augmentation de température du sol pourrait venir non pas de son enveloppe mais de l’activité du datacenter.
Quoi qu’il en soit, ce sera une nouvelle occasion de pointer l’impact des datacenters sur l’environnement !

