Avec les superconducteurs haute température (high-temperature superconducting – HTS), Microsoft entend transmettre l’énergie dans ses datacenters sans perte d’énergie tout en réduisant le volume et le poids des câbles.
Pour répondre au défi énergétique de l’IA dans les datacenters, Microsoft adopte une vision “hopium”, mélange d’optimisme technologique et de réalité éloignée, en portant son regard vers les “superconducteurs haute température” (HTS). La technologie quantique des superconducteurs a été découverte au début du XXème siècle par Heike Kamerlingh Onnes.
Ces matériaux permettent la transmission sans perte d’énergie, ce qui élimine la dissipation thermique due à la résistance. En permettant de déplacer des mégawatts de puissance via des câbles considérablement plus compacts que le cuivre ou l’aluminium, ils offrent la réduction du volume et du poids des câbles. Et avec une moindre dépendance aux extensions de réseau traditionnel, ils réduisent la nécessité de renforcer ou d’élargir les infrastructures électriques classiques.

Les HTS fonctionnent à des températures plus élevées que les matériaux traditionnels, ce qui pour la transmission de l’énergie rend la technologie plus pratique que les superconducteurs ultra-froids classiques (généralement refroidis à l’azote liquide). En théorie, Microsoft veut ainsi aider à répondre à la demande croissante de puissance tout en réduisant l’empreinte physique et sociale des datacenters.
Les promesses du HTS sont certes nombreuses, mais les projets sont encore expérimentaux, et les simulations ne portent que sur une transmission réduite (on parle de 3 MW). De plus, les coûts sont élevés, qu’il s’agisse de la fabrication (la production est d’ailleurs encore limitée) ou du refroidissement des HTS. Pour autant, Microsoft investit pour explorer cette technologie encore au stade du développement.
L’intérêt pour les HTS est croissant tandis que le tension entre les besoins énergétiques de l’IA et les capacités actuelles des infrastructures électriques. Mais même si la technologie n’est pas encore prête pour une adoption industrielle à grande échelle, la trajectoire d’évolution des HTS pourrait influencer la conception des futurs datacenters.

