Le numérique occupe une place discrète mais cruciale dans le plan « Électrifions la France ! ». Pour le gouvernement, faciliter le raccordement des datacenters renforce à la fois la souveraineté numérique, la souveraineté énergétique et l’attractivité du pays.
Le data center : accélérateur stratégique
RTE rappelle que la demande électrique des data centers est appelée à fortement croître, au point d’entrer dans les grands moteurs de l’électrification au même titre que les transports, l’hydrogène et l’industrie. Dans son bilan prévisionnel, le numérique compte pour environ +10 TWh dans la trajectoire d’électrification, tandis que la consommation des data centers en France pourrait tripler d’ici 2035. Le dossier gouvernemental en tire la conclusion de faciliter le raccordement des datacenters.
Concrètement, le plan prévoit un raccordement électrique plus rapide pour les centres de données via le dispositif de « piquage » sur le réseau 400 kV, avec deux demandes déjà identifiées par RTE pour des projets de data centers.
Le sous-texte est que la France veut capter les investissements de l’IA et du cloud sans attendre que le réseau devienne un goulot d’étranglement. C’est cohérent avec la production électrique française, qui a atteint 547,5 TWh en 2025, dont 95% bas-carbone, selon RTE. Mais cette stratégie pose aussi une question : jusqu’où l’État peut-il accélérer l’accueil de consommateurs très gourmands en électricité sans créer de tension sur les réseaux locaux ?

