L’apport essentiel de l’IA à la solution Veolia pour datacenters

Dans notre précédent article, nous avons évoqué Data Center Resource 360, l’offre datacenters de Veolia. Ce nouvel article se concentre sur l’apport de l’IA au projet, avec la rencontre d’Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, qui porte l’innovation, et de Stuart Stock, Vice-President Digital Business & Technology, qui pilote la plateforme Hubgrade et les projets d’IA.

C’est la plateforme Hubgrade de Veolia qui est le cerveau de la solution. Mais en réalité c’est bien l’IA qui pilote en temps réel Data Center Resource 360 via la plateforme, optimisant en temps réel eau, énergie et maintenance prédictive. Elle anticipe risques et pannes, devrait booster l’efficacité jusqu’à 50% d’ici 2030, et détecte fuites ou anomalies pour des datacenters résilients et neutres en carbone.

Emmanuelle Menning a évoqué avec nous la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle : « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé ». C’est pourquoi l’IA joue un rôle croissant dans les opérations du groupe : « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes ».

  • Talk to My Plant, l’IA prédictive

Nous avons pu également échanger avec Stuart Stock, qui a présenté la plateforme Hubgrade et évoqué les cas d’usage de l’IA, en particulier les « predictive analytics » avec Talk to My Plant intégrée à la plateforme.

« La fonction prédictive, Talk to My Plant, repose sur deux niveaux. Le premier est notre plateforme de données. Il s’agit d’une plateforme d’intelligence en temps réel qui ingère toutes les données de l’usine : capteurs, SCADA, et tout autre point de l’usine auquel nous pouvons nous connecter. Une fois les données intégrées à la plateforme, nous pouvons créer des algorithmes pour anticiper les besoins dans certains cas d’usage. Ensuite, par-dessus, nous avons Veolia Secured GPT, la plateforme générative avec laquelle l’utilisateur final ou l’opérateur interagit avec les données sous-jacentes ».

Les équipes de Veolia pratiquent l’IA depuis de nombreuses années, et déjà bien avant la vague de l’IA générative. À laquelle elle n’a pas cédé, d’abord pour protéger ses données en ne les « offrant » pas aux géants des LLM. Mais aussi pour développer des solutions propriétaires adaptées à ses besoins. Et pour cela Veolia a choisi l’IA française Mistral.

« Mistral est un partenaire qui fournit les grands modèles de langage pour Talk to My Plant, nous confirme Stuart Stock. Nous collaborons avec eux pour nous assurer d’utiliser le modèle le plus adapté au cas d’usage sur lequel nous travaillons. Nous n’avons pas toujours besoin d’un modèle de langage complexe pour répondre à certains cas d’utilisation. Ils nous aident à déterminer quel modèle de langage plus simple est probablement le plus approprié. Ils nous apportent également un soutien précieux en matière d’innovation. Ils sont d’ailleurs un partenaire d’innovation. Nous collaborons avec eux sur ces deux aspects, et leurs modèles sont très différents des autres modèles de langage complexes. Et ils nous offrent un accès direct à leurs technologies, ce qui est unique ».

Veolia vise à doubler la part des gains d’efficacité via le numérique et l’IA, passant de 23% en 2025 à 50% d’ici 2030. Cette IA transforme les datacenters en hubs circulaires, avec une résilience accrue face aux pics de demande induits par l’IA elle-même. Déployée sur plus de 100 sites mondiaux, elle allie technologies avancées et savoir-faire local pour des résultats mesurables et une confiance renforcée.

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