La justice bloque le projet de data center d’IA de Sesterce à Rovaltain

Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu le permis de construire du projet de data center de Rovaltain, près de Valence (Drôme), au motif qu’il aurait dû être précédé d’une étude d’impact environnemental complète et qu’un doute sérieux pèse sur sa conformité urbanistique.

Le dossier concerne le projet porté par Sesterce sur le parc d’activités de Rovaltain, à Alixan, sur un site déjà bâti de l’ancien pôle Écotox, pour lequel le maire d’Alixan avait délivré un permis de construire le 18 décembre 2025. Le projet devait initialement représenter 450 millions d’euros d’investissement en infrastructure, pour un campus dédié à l’IA d’une puissance initiale de 40 MW, susceptible d’être portée à 80 MW, et capable d’accueillir 40 000 GPU. La suspension du permis gèle donc le calendrier de mise en service et force le porteur à arbitrer entre un recours et une régularisation environnementale plus longue.

Sesterce présente Rovaltain comme un supercalculateur de nouvelle génération avec refroidissement liquide en circuit fermé, un PUE annoncé à 1,1 et une valorisation de la chaleur fatale pour des usages industriels ou de chauffage urbain. L’entreprise a aussi communiqué sur un élargissement du projet, la puissance portée de 40 MW à 80 MW, et un investissement total évoqué à 1,5 milliard d’euros sur ce seul site. La montée en puissance devait commencer en 2025 pour une exploitation avant fin 2026.

C’est précisément là que le dossier devient sensible. Les opposants avancent une consommation annuelle de 560 GWh, ce qui place le site dans une catégorie d’impact qui dépasse largement celle d’un entrepôt numérique classique. D’autres éléments relayés par des collectifs évoquent la nécessité de travaux de raccordement électrique et de distribution de chaleur vers l’environnement proche, ce qui signifie que l’implantation ne se joue pas seulement sur un permis de construire, mais aussi sur la capacité du territoire à absorber durablement la charge électrique et thermique.

La décision judiciaire intervient dans un contexte où les projets de data centers se multiplient en France et rencontrent une contestation plus structurée qu’avant. À Rovaltain, le juge a retenu un point technique particulièrement révélateur : l’absence d’étude d’impact complète au regard des enjeux énergétiques du site. Autrement dit, la bataille ne porte plus seulement sur le principe d’un data center, mais sur la qualité du séquencement réglementaire, la robustesse de l’instruction administrative et la crédibilité des promesses de sobriété affichées par les opérateurs.

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