Bordeaux enterre le méga-data center BXIA

Le maire de Bordeaux et président de la Métropole, Thomas Cazenave, acte un arbitrage énergie-foncier-emplois en enterrant le méga-data center BXIA de Bordeaux-Lac.

Thomas Cazenave, nouveau maire de Bordeaux et président de la Métropole, a officiellement renoncé à implanter le projet BXIA – un « pôle numérique souverain » de 3 milliards d’euros associant data center et supercalculateur IA – sur les 19 hectares de parkings du Parc des expositions de Bordeaux-Lac.

Un projet souverain de 3 milliards d’euros mis en pause

Le projet BXIA, porté par un consortium associant NFU Prod et Osae Partners, avait été validé sous la précédente mandature par Bordeaux Métropole. Il prévoyait l’édification, sur 19 hectares aujourd’hui dédiés au stationnement du Parc des expositions, d’un gigantesque data center couplé à un supercalculateur dédié à l’intelligence artificielle, pour un investissement total estimé à 3 milliards d’euros. L’ambition affichée : créer un « pôle numérique souverain » capable d’héberger des charges de travail IA critiques, en phase avec les discours sur l’indépendance technologique européenne.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Thomas Cazenave a toutefois annoncé qu’il ne donnerait pas suite à la cession de ces terrains publics aux entreprises porteuses du projet. « Je ne souhaite pas l’installation de ces méga data centers sur les parkings du Parc des expositions », a-t-il déclaré, justifiant sa décision par une vision d’aménagement plus globale pour Bordeaux-Nord. Le maire précise que la Métropole n’est « pas opposée par principe aux data centers », reconnaissant la « logique de souveraineté européenne » sur le stockage et le traitement des données, mais refuse de « condamner tout cet espace » à des infrastructures « qui emploient quasiment personne ».

Le refus de Thomas Cazenave ne relèverait donc pas d’un rejet de principe du numérique, mais d’un arbitrage foncier et urbain. Bordeaux-Lac. Désormais à la tête de la Métropole, il se réapproprie le dossier et le soumet à un « réexamen » au nom d’une cohérence d’ensemble. D’autres sites seraient d’ores et déjà « à l’étude » pour ce « projet de développement économique majeur », signe que l’option data center IA n’est pas abandonnée, mais déplacée.

Perspectives : un rééquilibrage en cours

À court terme, le dossier BXIA entre dans une phase de redéfinition. La Métropole, propriétaire des terrains, doit identifier de nouvelles emprises, probablement en dehors du périmètre urbain dense, tout en négociant avec RTE et les gestionnaires de réseau les conditions de raccordement. Les porteurs du projet, NFU et Osae Partners, devront adapter leur architecture technique (puissance, refroidissement, récupération de chaleur) aux nouvelles exigences réglementaires et territoriales.

Le refus de Bordeaux-Lac ne serait donc pas la fin du projet BXIA, mais le début d’une nouvelle phase…

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