Les électeurs américains ont profité des midterms pour bloquer 33 projets de data centers

Les élections de mi-mandat américaines ont fait de l’implantation des data centers un enjeu de vote de premier plan : au moins 33 mesures locales restrictives ont été adoptées ou menaient largement, contre une seule mesure favorable à la construction, selon le tracker Data Centers on the Ballot. Ces votes, qui vont de l’interdiction pure et simple aux moratoires, plafonds de consommation électrique et référendums préalables, traduisent une résistance transpartisane nourrie par la crainte d’une hausse des factures d’électricité, de la pression sur les réseaux et de l’eau.

L’Ohio concentre la fronde : 21 mesures étaient soumises dans 18 municipalités et au moins 14 restrictions ont été approuvées, dont 10 interdictions. À Trenton, 80 % des électeurs ont validé une charte interdisant tout data center dépassant 25 MW, compromettant un projet d’annexion de terrains destinés à un campus Amazon de 1 GW, même si un site AWS de 250 MW déjà en construction pourrait échapper en partie à la règle.

Au niveau national, 42 % des électeurs jugeaient la limitation de la construction de data centers très importante ou prioritaire avant le scrutin, tandis que 77 % des Américains s’inquiétaient déjà, dès juin, d’une hausse du prix de l’électricité liée à l’IA. Pour les opérateurs, l’enjeu devient désormais structurel : obtenir non seulement permis et raccordement, mais aussi une légitimité locale, sous peine de voir se multiplier retards, surcoûts de financement et déplacements de projets vers des États plus accueillants, à l’image de la Floride.

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