Panthalassa, soutenue par Peter Thiel et plusieurs grands noms de la tech, veut déplacer une partie du calcul IA en mer pour contourner la pénurie d’électricité, les contraintes foncières et la pression climatique. Le pari est ambitieux, financer à hauteur de 140 millions de dollars un modèle de datacenter autonome qui produit son énergie sur place, traite les requêtes en mer et renvoie les résultats par satellite.
- Regardez la vidéo du projet Ocean-2 de Panthalassa en fin de l’article.
Le projet ne relève plus de la science-fiction. Selon un communiqué de Panthalassa, la série B de 140 millions de dollars a été menée par Peter Thiel, avec la participation de John Doerr, TIME Ventures de Marc Benioff, SciFi Ventures de Max Levchin et d’autres investisseurs. La société vise un premier test de nœuds informatiques flottants dans le Pacifique en 2026. Et elle affirme avoir déjà validé ses prototypes précédents, Ocean-1, Ocean-2 et Wavehopper, lors d’essais en mer.
Exploiter la force des vagues de l’océan
L’idée est de transformer l’océan en centrale électrique et en site d’inférence IA. Panthalassa décrit Ocean-2 comme une sorte de barrage hydroélectrique flottant : le mouvement des vagues pousse de l’eau dans un système interne, fait tourner une turbine et génère l’électricité nécessaire aux puces IA embarquées. Le modèle Ocean-3 va plus loin, il n’est ni ancré ni relié par câble, et produit puis consomme son énergie à bord, avant d’envoyer les réponses par satellite.

Le timing est stratégique. La demande en calcul IA explose, tandis que les datacenters terrestres se heurtent à des limites de raccordement, de foncier et de délais de construction. Panthalassa présente son approche comme “clean”, sans carburant, sans usage du sol et “very fast to scale”. Argument énergétique, l’entreprise met en avant une énergie des vagues perçue comme abondante, et donc potentiellement bon marché.
Le concept est séduisant, mais il soulève plusieurs questions : fiabilité des systèmes en mer, maintenance, latence satellite, et coût réel d’un déploiement à grande échelle. Panthalassa affirme viser une mise en service offshore vers août 2026, puis des déploiements commerciaux en 2027. Autrement dit, la technologie devra prouver rapidement qu’elle peut tenir ses promesses au-delà du prototype.

