Oklo (Part 2) : SMR, le miroir aux alouettes des data centers ?

L’essor de l’intelligence artificielle a placé Oklo au centre d’un récit très porteur : fournir une électricité bas carbone, pilotable et localisée à de grands consommateurs numériques. Mais le nucléaire commercial reste hors de portée des data centers

Oklo a annoncé des accords ou lettres d’intention avec plusieurs opérateurs de data centers, dont Equinix pour jusqu’à 500 MW et Wyoming Hyperscale pour 100 MW. Dans ce dernier cas, l’accord annoncé initialement était une lettre d’intention non contraignante visant un contrat d’achat d’électricité de vingt ans.

Ces volumes donnent une idée de l’ambition, mais pas encore de la puissance réellement disponible. Une lettre d’intention ne vaut ni commande ferme, ni permis de construire, ni raccordement garanti, ni financement définitivement bouclé. Pour un exploitant de data center, la question n’est pas seulement de disposer d’une puissance théorique à terme : il faut une date de livraison crédible, une disponibilité contractualisée, des garanties de performance et une solution de secours compatible avec les exigences de continuité de service.

Le nucléaire pourrait répondre à une partie du problème énergétique des campus d’IA, mais il ne supprime pas les contraintes d’infrastructure. Le raccordement, les lignes à haute tension, les transformateurs, les postes électriques, le refroidissement et la disponibilité foncière demeurent nécessaires. Même une centrale implantée « derrière le compteur » doit s’insérer dans un dispositif de secours, de maintenance et de gestion des pointes.

Le refroidissement des data centers constitue un autre arbitrage. Un réacteur de puissance produit de la chaleur avant de produire de l’électricité ; un campus informatique en produit également. La cohabitation peut favoriser la valorisation de chaleur fatale ou des architectures industrielles intégrées, mais elle augmente aussi la complexité du site et les exigences de sûreté, de séparation fonctionnelle et de sécurité physique.

La criticité de Groves (lire la première partie de notre article) réduit une incertitude, mais elle ne lève pas les principales. La start-up a démontré qu’elle pouvait faire fonctionner un réacteur expérimental. Elle doit maintenant prouver qu’elle peut obtenir l’autorisation, produire le combustible, construire à coût maîtrisé et livrer une électricité suffisamment fiable pour les infrastructures numériques qui misent déjà sur elle.

Oklo devra également passer d’un carnet de projets largement fondé sur des engagements préliminaires à des contrats fermes assortis de garanties industrielles.

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