Schneider Electric et Equinix veulent réguler la basse tension

Un pilote en exploitation de Schneider Electric chez Equinix teste une architecture de tableaux moyenne tension standardisés, dont les fonctions de protection et de contrôle sont davantage configurées par logiciel. Une approche qui promet des délais raccourcis et moins de câblage.

Dans un data center, le tableau moyenne tension distribue l’électricité en amont des équipements qui alimentent les charges informatiques. Il doit aussi détecter et isoler les défauts. Accélérer son déploiement n’a donc de valeur que si les exigences de protection et de disponibilité restent intactes. C’est à ce maillon que Schneider Electric et Equinix consacrent leur essai dans un site de colocation en exploitation.

La proposition consiste à remplacer une partie de l’ingénierie réalisée spécifiquement pour chaque installation par du matériel standardisé, configuré plus tard dans le projet. Selon la description technique de Schneider, chaque cellule moyenne tension comporte une unité d’acquisition et d’interface, reliée par Ethernet redondant à un contrôleur central capable de gérer jusqu’à 20 cellules. Les fonctions de protection, de mesure, de surveillance et de commande sont ainsi davantage portées par le logiciel que par une multiplication d’appareils et de liaisons filaires propres à chaque projet. Pour autant le tableau ne devient pas immatériel, l’appareillage de coupure et l’architecture électrique restent physiques.

Pour un opérateur multi-sites comme Equinix, l’intérêt potentiel dépasse le gain de temps sur un chantier. Une base matérielle répétable pourrait faciliter les achats, la constitution de stocks, les essais et la maintenance, tout en laissant une marge de configuration pour chaque implantation. Greg Metcalf, responsable de la conception et de l’innovation des data centers chez Equinix, présente la standardisation de la conception, de l’approvisionnement, de la construction et de l’exploitation comme l’enjeu du pilote. Cela ne signifie pas que tous les sites pourront adopter un schéma électrique identique : leurs exigences locales de protection et leurs conditions de raccordement demeureront déterminantes.

Schneider Electric avance jusqu’à trois fois moins de temps pour la commande et la fabrication, et jusqu’à deux fois moins pour la mise en service et les essais de réception sur site, par rapport à des tableaux conçus sur mesure. Dans une comparaison portant sur 20 cellules, le fabricant chiffre à 87 % la réduction du câblage de contrôle, à 91 % celle du nombre de bornes et à 85 % celle du cuivre utilisé dans ce câblage. Dans un livre blanc, elle évoque aussi une réduction de 64 % du calendrier de déploiement de l’équipement étudié.

Moins de liaisons et de composants peuvent réduire le travail d’assemblage et certaines sources d’erreurs. En contrepartie, la concentration de fonctions dans un contrôleur commun déplace une partie de la vigilance vers la redondance, la validation des configurations et la gestion des versions. La promesse de mises à jour « sans interruption » devra notamment être éprouvée face aux procédures de changement d’un exploitant de colocation : authentification des mises à jour, tests préalables, retour arrière et comportement en cas de défaillance doivent être documentés avant une généralisation.

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