La FERC (Federal Energy Regulatory Commission), sous l’instigation de l’administration Trump et des sénateurs républicains, impose aux opérateurs énergétiques américains de réseaux régionaux un délai de 60 jours pour revoir leurs règles d’accueil des data centers, avec un double objectif : accélérer les connexions sans faire payer la note aux ménages.
La Commission fédérale américaine de régulation de l’énergie (FERC) a émis des ordonnances de justification à chacun des six gestionnaires de réseau régionaux sous sa juridiction, leur ordonnant de justifier ou de réformer les règles qui régissent la manière dont les data centers, les installations de fabrication et autres grands consommateurs d’énergie se connectent au réseau électrique.
Elle leur demande d’expliquer comment leurs règles s’alignent sur trois priorités imposées par l’administration Trump : raccordement plus rapide des data centers, flexibilité de consommation et recours possible à des sources d’énergie propres sur site.
Ces six opérateurs énergétiques – PJM, Interconnection, LLC (PJM) ; Midcontinent Independent System Operator, Inc. (MISO) ; Southwest Power Pool, Inc. (SPP) ; California Independent System Operator Corporation (CAISO) ; ISO New England Inc. (ISO-NE) ; et New York Independent System Operator, Inc. (NYISO) –, couvrent environ les deux tiers du réseau électrique américain.
L’agence ne crée pas, pour l’instant, un cadre fédéral unique ; elle renvoie une large part du travail aux États et aux gestionnaires de réseaux régionaux afin de proposer des solutions au sujet explosif des data centers qui tirent la demande électrique vers le haut, tandis que les coûts des nouvelles lignes et des renforcements du réseau risquent d’être répercutés sur les clients ordinaires.
La FERC dit vouloir éviter que les foyers subventionnent indirectement les infrastructures nécessaires aux géants du numérique.
C’est un signal politique fort lancé par la FERC, dont la présidente Laura Swett a affirmé que les grandes entreprises technologiques acceptaient de payer leurs propres améliorations et que profiter des autres clients n’était pas acceptable. Elle a aussi prévenu qu’un échec des États ou des opérateurs pourrait ouvrir la voie à une intervention fédérale plus directe.
« Nous jetons les bases d’un réseau électrique résilient, fiable et tourné vers l’avenir, qui renforce les collectivités et protège les consommateurs en transformant la manière dont les grands consommateurs d’énergie accèdent au réseau. Il est également essentiel que la FERC offre de la visibilité aux investisseurs en orientant les marchés afin de protéger les accords existants et de créer des opportunités de progrès technologique et de croissance économique. Nous pouvons faciliter ces deux aspects, et c’est précisément ce que nous avons fait aujourd’hui », a déclaré Laura V. Swett, présidente de la FERC.
En toile de fond, la FERC travaille déjà sur le dossier des co-localisations entre centrales et data centers, avec PJM comme premier terrain d’essai, car ce réseau a concentré de nombreux litiges. Son message est clair : les data centers doivent aller plus vite, mais pas au détriment de la fiabilité du réseau ni de la facture des consommateurs.

