Amazon a demandé l’aval de la FCC (Federal Communications Commission) pour une constellation D2D (Direct-to-Device) de 5 105 satellites en orbite basse, avec un démarrage visé en 2028, en s’appuyant en partie sur Globalstar et son spectre mobile-satellite. L’opération marque un changement d’échelle, Amazon ne veut plus seulement rattraper Starlink sur l’Internet satellitaire, mais entrer frontalement sur le marché des communications directes vers smartphone.
Le nombre de satellites n’est pas l’information la plus importante ; le vrai sujet est le contrôle du spectre, des autorisations FCC et des actifs de Globalstar, décrit comme la clef du basculement d’Amazon vers le D2D (Direct-to-Device). Amazon a annoncé en avril un accord de rachat de Globalstar pour environ 11,57 milliards de dollars, avec une clôture attendue en 2027 sous réserve des approbations réglementaires. Le dossier inclut aussi la reprise de la participation d’Apple dans Globalstar, ce qui confirme que l’enjeu dépasse la simple connectivité grand public et touche à l’écosystème de services satellitaires déjà commercialisés.
La logique industrielle
Amazon dit vouloir utiliser les fréquences de Globalstar pour offrir voix, messagerie, données et services d’urgence directement sur des smartphones, sans terminal dédié, au travers d’une architecture en plusieurs couches : les satellites de Globalstar existants, de nouveaux satellites D2D optimisés, et des liens feeder en bandes Ka et V. Cette stratégie permettra à Amazon de réduire le temps de mise sur le marché, en transformant un acteur spectralement autorisé mais sous-capitalisé en plateforme de déploiement rapide.
Le point sensible est réglementaire : l’autorisation FCC ne porte pas seulement sur un projet technique, mais sur l’assignation de licences, la compatibilité spectrale et les risques d’interférence avec d’autres services. Amazon cherche aussi à se positionner dans une bataille plus large sur le D2D, alors que les grands opérateurs américains s’organisent et que la FCC prépare en parallèle un vote sur plus de 225 MHz de spectre non licencié susceptible de soutenir ce type de service. Autrement dit, la course ne se joue pas uniquement en orbite, elle se joue aussi dans les sous-sols réglementaires du spectre, où l’accès aux fréquences devient la véritable barrière à l’entrée.
Sur le plan concurrentiel, Amazon vise clairement SpaceX et son service Starlink Mobile, aujourd’hui perçu comme l’acteur le plus avancé sur le segment D2D. Amazon dispose déjà de plus de 390 satellites en orbite pour son activité broadband, mais reste très loin de l’échelle de Starlink, qui dépasse les 10 000 satellites. En pratique, le rachat de Globalstar est moins une expansion qu’un raccourci stratégique : Amazon achète du temps, des droits, et une crédibilité opérationnelle pour tenter de combler son retard.

