Un projet de campus de quatre data centers, porté par Goodman, est à l’étude sur les 23 hectares de l’ancienne usine Stora Enso, à la lisière de Brebières et Corbehem, dans l’agglomération d’Arras. Le projet est souvent qualifié de « Noyelles », car c’est à Noyelles-sous-Bellonne, à quelques kilomètres du site, que RTE doit installer un poste électrique 225 000 volts.
Le site visé, longé par la Scarpe, bénéficie d’un positionnement logistique évident à proximité d’Arras et des grands axes routiers des Hauts-de-France. Le projet de campus de quatre data centers à Brebières-Corbehem est porté par Goodman, acteur majeur de l’immobilier logistique et industriel en Europe. D’ailleurs Goodman développe une plateforme logistique à Brebières (image d’en-tête).
Goodman a déposé un dossier pour un campus de quatre bâtiments sur la friche de 23 hectares. L’acteur agit ici en développeur foncier et immobilier. À ce stade, aucun nom d’opérateur n’est officiellement confirmé pour Brebières-Corbehem.
La contrainte électrique se traduit concrètement par la construction par RTE d’un poste électrique 225 000 volts à Noyelles-sous-Bellonne, à quelques kilomètres du site Stora, raccordé à une ligne haute tension existante, qui alimentera le futur data center de Brebières-Corbehem. C’est là qu’une quarantaine de riverains ont tenté, le 18 août dernier, de bloquer des fouilles sur une parcelle destinée à accueillir le poste.
Un calendrier 2030 qui dépend du réseau et des autorisations
Les premières informations évoquent une matérialisation du campus à partir de 2030. Ce calendrier est cohérent avec les délais observés sur des projets de cette ampleur. Un campus de quatre bâtiments à Brebières-Corbehem pourrait viser plusieurs dizaines de mégawatts, voire plus, si un opérateur majeur s’y installe. Mais chaque tranche supplémentaire de puissance implique de nouveaux renforcements réseau, donc de nouveaux délais et de nouveaux points de tension avec les territoires.
Pour la communauté d’agglomération Osartis-Marquion, ce projet représente une opportunité de se positionner dans la « cour des grands » du numérique, aux côtés de Dunkerque, de la métropole lilloise et bientôt de la Somme avec le site de Bosquel. Mais il constitue aussi un test : la région va-t-elle réussir à absorber une nouvelle vague de projets de data centers sans provoquer de blocages locaux majeurs, ni dégrader l’acceptabilité globale de ces infrastructures ? Le projet de Brebières-Corbehem, avec son poste haute tension contesté et son calendrier étalé jusqu’à 2030, cristallise cette tension entre ambition industrielle et réalité territoriale.

