La DRIEAT (Direction régionale et interdépartementale Environnement-Aménagement-Transports) a publié sa nouvelle fiche repère pour l’instruction des demandes d’agrément des data centers à compter du 1er juillet 2026.
Expert : Lucas Buthion, Fondateur & Président de Gearshift - Public Affairs
La fiche repère de la DRIEAT – Instruction des demandes d’agrément relative aux centres de données (publiée en fin de cet article) – intègre quelques signaux forts sur les principes et critères mis en avant par l’État :
- L’électricité devient un critère d’aménagement du territoire.
- Le document reconnaît explicitement que certaines zones franciliennes sont désormais saturées ou proches de la saturation électrique.
- Par conséquent, la capacité de raccordement devient un critère central d’instruction des projets :
- Les projets supérieurs à 40 MW feront l’objet d’une attention renforcée, notamment dans les cœurs d’agglomération.
- Les porteurs de projet de forte et très forte puissance devront privilégier « les implantations dans des sites en proximité avec le réseau à 400 kV et ses postes-sources ou dans des secteurs où des capacités électriques peuvent être mutualisées et rendues disponibles, notamment au sein des périmètres des « offres de raccordement de référence mutualisée » (ORREM) »
Le foncier industriel, une ressource à protéger
Le message se veut clair : les data centers ne doivent pas évincer les activités industrielles. Le SDRIF-E est mobilisé pour limiter l’implantation dans les sites d’activités économiques stratégiques et réserver prioritairement ces espaces à l’industrie productive.
La chaleur fatale passe du « nice to have » à une quasi-obligation
- « La récupération de la chaleur fatale doit être intégrée dès la conception du projet pour être valorisée dans les réseaux de chaleur ou les équipements consommateurs de chaleur. »
- Dans les zones les plus denses, il est recommandé de viser une récupération de chaleur représentant 20 % de l’énergie électrique utilisée.
Les prélèvements (pas la « consommation ») en eau : un sujet qui monte
Terme révélateur, l’eau est décrite comme une « ressource précieuse, y compris en Île-de-France »… Sa consommation « doit être limitée », par le choix de « dispositifs de refroidissement appropriés privilégiant des circuits en boucle fermée ».
On comprend en filigrane que la question de l’eau pourrait devenir demain aussi structurante que celle de l’électricité…
L’acceptabilité territoriale prend de l’importance
Évolution notable, l’État valorise explicitement les engagements locaux : création d’emplois, formation, participation à l’écosystème économique, contribution à des équipements publics – autant d’éléments d’un « cadre partenarial » à privilégier par les porteurs de projet.
Une évolution de tonalité qui peut étonner mais qui n’est pas une surprise : cela préfigure en fait largement les futures exigences européennes et nationales autour de la régulation environnementale des data centers, fruit d’une « doctrine » qui ne cesse de s’affûter depuis le début des années 2020 !

