3 data centers IA et 300 MW sur la friche Stellantis à Trappes

Le promoteur australien Goodman s’apprête à convertir 15,5 hectares d’anciens sites industriels (Stellantis, Iveco, Einstein) à Trappes-Élancourt (Yvelines) en trois data centers pour une puissance électrique cible de 300 MW.

  • Lire la Notice justificative du PLU Intercommunale en fin d’article de Saint Quentin en Yvelines

Selon Les Échos, qui relance l’information, le projet serait né d’une volonté politique forte de reconversion d’une friche industrielle entièrement urbanisée, sans artificialisation de nouveaux sols. Après la fermeture du site Stellantis annoncée en 2021, les terrains ont été rachetés par le Département des Yvelines et l’Établissement public foncier d’Île-de-France (Epfif) pour préparer leur réutilisation. À l’issue d’une consultation, Goodman France a été désigné lauréat et a acquis le foncier pour 42 millions d’euros, avec un complément possible sous conditions (autorisations administratives, raccordement électrique).

Goodman présente ce projet – qui regroupera trois data centers de nouvelle génération sur 15,5 hectares, incluant les anciennes emprises Stellantis, Iveco et le foncier dit Einstein – comme une opération de régénération urbaine. Avec une puissance électrique annoncée de 300 MW. Le prix de cession du foncier à Goodman (42 millions d’euros) serait explicitement indexé à l’obtention des autorisations administratives et du raccordement électrique indispensable au fonctionnement du futur équipement.

Trappes s’inscrit dans une course contre la montre pour sécuriser son point de livraison haute tension. Le Département des Yvelines et la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines ont mené un travail concerté avec Goodman, mais la suite dépendra d’Enedis et RTE pour le dimensionnement des postes sources, des feeders et des éventuels renforcements de réseau.

Contraintes réglementaires

En application d’une fiche repère de la DRIEAT, qui s’applique depuis le 1er juillet 2026 pour l’instruction des demandes d’agrément, à Trappes, la question de la valorisation de la chaleur sera centrale. Le projet devra également justifier sa consommation en eau, son type de refroidissement et ses volumes de pointe en période chaude, conformément à la loi nᵒ 2026-403 du 26 mai 2026 qui permet à l’administration de refuser un permis sur un territoire en tension structurelle sur la ressource en eau. Par ailleurs, le projet est soumis à un agrément régional pour les bâtiments dépassant 5 000 m² de surface de plancher, avec une analyse coûts-avantages à joindre au permis de construire en cas de non-valorisation de la chaleur fatale.

Un projet « powered land » contesté

La transformation du foncier brut en « ready to build » avec puissance électrique garantie, un actif désormais rare et stratégique, est une tendance de fond. Une soixantaine de sites propices, c’est-à-dire entrant dans la définition « powered land » qui prend en compte foncier, capacités de raccordement et acceptabilité locale, seraient identifiés en France. Dans ce contexte, les 15,5 hectares de Trappes, déjà viabilisés et situés en zone d’activités mature (Trappes-Élancourt), constituent un actif de choix.

Mais le projet entre en phase de contestations et de risques de contentieux. La procédure de concertation, achevée le 1er septembre 2026, ouvre la voie à l’enquête publique, phase critique où les contributions citoyennes et associatives peuvent peser lourd.

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