Les terres fédérales américaines deviennent un nouvel espace de déploiement pour les data centers. Au moins 17 campus de data centers et 13 projets d’infrastructures associées sont actuellement en cours d’instruction auprès du Bureau of Land Management (BLM), pour un total de 35 dossiers couvrant environ 9 700 hectares de terres publiques fédérales dans six États de l’Ouest américain : Arizona, Idaho, Nevada, Oregon, Utah et Wyoming.
Cette cartographie, fondée sur les jeux de données du BLM, révèle l’ampleur inédite de l’intérêt des développeurs pour les terres fédérales afin d’y implanter des infrastructures de calcul IA, incluant des projets « gigasite » à alimentation nucléaire, des lignes haute tension, des pipelines d’eau, des routes d’accès et des installations de télécommunications. Le Nevada concentre à lui seul 15 des 35 dossiers recensés, tandis que des développeurs comme Copia Power (Arizona, Nevada, Idaho) et Prometheus Hyperscale (Wyoming) figurent parmi les porteurs de projets identifiés.
L’administration Trump pousse activement à l’ouverture des terres fédérales à des usages industriels élargis – énergie, mines, technologie – dans le cadre de sa priorité nationale sur l’expansion des data centers. Mais l’opposition publique s’intensifie autour des impacts sur la consommation d’électricité, d’eau, la faune et l’accès citoyen à ces espaces. Cependant, le rythme s’accélère nettement : en l’espace d’un mois, le décompte des projets recensés est passé de 12 à 35, signe que les développeurs anticipent une fenêtre réglementaire favorable, mais que le cadre juridique et environnemental peine à suivre.
Pour les opérateurs du secteur, ces terres fédérales vastes, peu coûteuses, souvent proches de ressources énergétiques, représentent un vivier foncier attractif, mais le flou procédural et la montée des contentieux introduisent un risque d’exécution non négligeable sur les délais de mise en service.

