Amazon Web Services doit encore composer avec plusieurs mois de réparations après les frappes de drones qui ont touché ses infrastructures au Moyen-Orient, avec des impacts visibles sur la disponibilité, la reprise des services et la facturation des clients concernés.
Lire également « Spécial guerre – Des datacenter d’AWS au Moyen-Orient cibles d’attaques de drones » et « Un datacenter AWS à Bahreïn perturbé par une nouvelle attaque de drones« .
Amazon estime que la remise en état des régions AWS touchées aux Émirats arabes unis et à Bahreïn prendra “plusieurs mois”, soit une reprise complète qui pourrait approcher six mois au total depuis les attaques de mars 2026. La société a également suspendu les opérations de facturation dans les régions affectées pendant la restauration, après avoir déjà renoncé aux frais d’usage de mars, pour un coût estimé à 150 millions de dollars.
Amazon a confirmé que trois datacenters AWS aux Émirats arabes unis et un autre à Bahreïn ont été endommagés par des frappes de drones. Les impacts ont provoqué des dégâts structurels, des coupures d’alimentation et, dans certains cas, des dommages supplémentaires liés aux systèmes d’extinction d’incendie.
L’incident a surtout affecté les régions AWS Middle East (UAE) et AWS Middle East (Bahrain), avec plusieurs zones de disponibilité encore décrites comme “significativement dégradées” au moment du premier bilan. Amazon a demandé à ses clients de basculer vers des régions non touchées et de tester leurs plans de reprise d’activité.
La fragilté de cibles stratégiques
Au-delà de l’incident lui-même, l’affaire montre à quel point les infrastructures cloud sont devenues des cibles stratégiques dans un conflit moderne. La mention de 14 racks EC2 mis hors ligne dans un datacenter et de cinq autres racks impactés donne une idée plus concrète de l’ampleur opérationnelle du choc.
Le point le plus marquant est le décalage entre la vitesse d’une attaque par drone et la lenteur d’une reconstruction physique : quelques frappes suffisent à perturber durablement un service censé être hautement résilient. Pour les clients, cela signifie non seulement des interruptions, mais aussi des coûts de migration, de redondance et de continuité d’activité plus élevés.
Amazon a limité la casse commerciale à court terme en stoppant la facturation dans les zones touchées et en poussant les clients vers des régions de secours. Mais l’épisode rappelle aussi une limite du cloud : la résilience logicielle ne compense pas instantanément la destruction d’infrastructures physiques. Ce qui illustre la vulnérabilité des grands fournisseurs cloud quand le risque passe du cyberespace au champ de bataille réel…

