Afrique – AEW 2026 mise sur les datacenters et l’IA pour attirer des mégawatts en Afrique

L’African Energy Week 2026 ouvrira au Cap, du 12 au 16 octobre, un premier volet consacré à l’IA et aux datacenters, avec une ambition claire : transformer la demande numérique en moteur d’investissement énergétique à l’échelle du gigawatt.

La Chambre africaine de l’énergie veut réunir décideurs publics, investisseurs et acteurs technologiques autour d’une même logique : faire des datacenters un levier de développement électrique, et non un simple segment numérique. Le message est stratégique pour un continent où la sécurité énergétique reste fragile, mais où la demande digitale accélère rapidement.

L’enjeu est concret, à l’échelle mondiale, la puissance requise pour les équipements informatiques en alimentation sans coupure devrait atteindre 249 GW d’ici 2030, tandis que la capacité installée totale, en incluant le refroidissement et les charges annexes, grimperait à 374 GW. Dans la même dynamique, l’AIE a estimé que la consommation des datacenters pourrait plus que doubler d’ici 2030, pour atteindre 945 TWh, contre 415 TWh en 2024.

Afrique: potentiel et retard

L’Afrique part d’une base plus faible, mais plusieurs marchés prennent de l’avance. L’Afrique du Sud est déjà le hub le plus mature du continent, avec des zones cloud de Microsoft et AWS en service, et Google attendu sur le marché. Le Kenya affiche environ 40 MW de charge informatique et une croissance annuelle composée de 30% jusqu’en 2028, ce qui en fait l’un des pôles les plus dynamiques d’Afrique de l’Est.

L’AEC soutient aussi que le marché africain des datacenters est passé à 3,49 milliards de dollars en 2024 et pourrait atteindre 6,81 milliards de dollars en 2030, soit progression de 11,79 %. Sur le plan énergétique, la demande associée aux datacenters en Afrique serait promise à un rythme de croissance de 9 % entre 2024 et 2030, pour atteindre 2 GW à l’horizon 2030.

Le pari de l’AEC est simple : des datacenters nécessitent une électricité fiable, continue et bancable, ce qui peut sécuriser des revenus pour de nouveaux projets de production et de réseau. En retour, ils peuvent stimuler les investissements dans les renouvelables, le stockage et les infrastructures de transport, tout en renforçant les écosystèmes numériques locaux. Cette approche change le narratif habituel : au lieu de voir les centres de données comme des consommateurs d’énergie, l’AEC les présente comme des déclencheurs d’infrastructures.

Mais le modèle reste exigeant. Les coupures, l’insuffisance de redondance et les cadres réglementaires encore fragmentés restent des freins majeurs à une montée en puissance rapide. Autrement dit, l’Afrique n’a pas seulement besoin de plus de serveurs : elle a besoin d’un environnement électrique et réglementaire capable de les soutenir durablement.

Pourquoi c’est important

Cette initiative arrive à un moment où l’IA renforce partout la pression sur les réseaux électriques. En intégrant les infrastructures numériques au cœur de l’AEW 2026, l’AEC cherche à capter une tendance mondiale avant qu’elle ne se concentre ailleurs. Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse le numérique : il s’agit de convertir une nouvelle source de demande en moteur de financement, d’accès et de souveraineté énergétique.

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