La Chine s’apprête à presque doubler sa capacité de datacenters d’ici 2030, avec plus de 60 GW visés et une consommation électrique qui grimperait à 289 TWh, soit 2,3% de la demande nationale. Cette accélération, portée par l’IA et le calcul haute performance, illustre un virage stratégique majeur mais aussi un nouveau défi pour le système électrique chinois.
La trajectoire est nette : 32 GW étaient installés fin 2025, 40 GW sont attendus fin 2026, puis 28 GW supplémentaires pourraient s’ajouter d’ici 2030, selon une analyse publiée par Rystad Energy. À ce rythme, la consommation des datacenters chinois progresserait de 19 % par an entre 2025 et 2030, faisant de ce segment la source de demande électrique la plus dynamique du pays.
L’essentiel de cette croissance vient des infrastructures dédiées à l’IA et au calcul haute performance, dont la part dans la capacité installée passerait de 39 % cette année à 48 % en 2030. Le secteur n’est plus marginal, il devient un moteur structurel de la demande d’électricité en Chine.
Ce boom intervient alors que la demande totale d’électricité chinoise reste colossale, avec plus de 10 000 TWh consommés l’an dernier, et une croissance nationale attendue à 3,9 % par an d’ici 2030. La Chine avance vite, mais le pari n’est pas seulement numérique, il est aussi énergétique. En transformant les datacenters en colonne vertébrale de l’IA, Pékin accepte une hausse massive de la pression sur le réseau, avec un objectif clair de performance et d’efficacité, mais aussi un risque de dépendance accrue à une demande électrique très concentrée.

